Le rosé, c'est la star de l'été. Mais même si c'est probablement le vin le plus accessible, pas facile de s'y retrouver face à un rayon rempli de bouteilles aux couleurs acidulées. Notre sommelier Jean-Michel Deluc répond donc à vos principales questions !

 

Est-ce que la notion de millésime est importante ?

Systématiquement, il faut choisir un rosé de moins de deux ans. Le mieux, c’est le rosé du dernier millésime, c’est-à-dire 2020 aujourd’hui. Seules quelques appellations haut de gamme peuvent vieillir : Bandol, Les Baux-de-Provence, Vacqueyras, Marsannay, Côtes de Provence (crus classés) et cuvées exceptionnelles. Pour ces appellations, ne pas aller au-delà de cinq ans, de toute manière. Un rosé ça se consomme jeune !

 

Plus il est pâle, meilleur il est ?

Voilà une fausse idée due à la tendance du moment. Le rosé doit avoir la robe qui correspond à son cépage, à son assemblage, à son appellation. Ils ont tendance à être de plus en plus clairs, mais ce n’est pas toujours le cas. Certaines appellations proposent des rosés plus foncés, dans leur style propre. Elles peuvent être excellentes : cabernet d’Anjou (demi-sec), Tavel, Bordeaux clairet… On doit avant tout deviner visuellement que c’est un rosé ! Saumon, framboise, cuivré, avec des tons plus ou moins intenses. Dégustez un rosé dans un verre noir et vous comprendrez que la couleur n’a rien à voir avec la qualité.

 

Un rosé doit-il être bon marché ?

Ce n'est pas si simple ! Élaborer un rosé peut revenir aussi cher que faire un vin blanc ou un vin rouge. Si le vigneron prend soin de sélectionner les meilleurs raisins, avec des rendements contrôlés, un équipement en cave adapté et… Il y a des rosés Vin de pays superbes entre 4 et 8 €, des rosés d’appellation magnifiques entre 8 et 15 €, et il y a des cuvées exceptionnelles, élaborées comme des grands crus de blancs allant jusqu’à 100 € et plus.

 

Les meilleurs rosés viennent-ils de Provence ?

Sans doute, mais pas que ! La France produit 31 % des vins rosés du monde, consomme 35 % de la production, et on produit du rosé sur tout le territoire. Mais l’idée que le rosé est assimilé au soleil, donc au sud, est tenace. Avec le réchauffement climatique, d’autres régions – le Rhône, la Loire, le Centre, Bordeaux – proposent de superbes rosés. Alors, lancez-vous et osez bouger de temps en temps. Un rosé de Corent, peut-être ?



Le rosé doit-il être léger en alcool ?

Aujourd’hui, vu le réchauffement climatique, il est difficile de tenir ce taux d’alcool pour certaines régions. Si on considère le rosé comme un vin passe-partout, un vin de soif, il vaut mieux aller vers des rosés avec moins d’alcool. Ne pas aller en dessous de 12 % néanmoins. Trop légers, ils sont souvent sans goût et aqueux. 

 

On ne boit du rosé qu’en été ?

Non ! Le rosé, c'est aussi une manière de faire venir le soleil à table. Aujourd’hui, un bon caviste doit proposer du rosé toute l’année. C’est aussi une solution de facilité pour beaucoup de consommateurs qui ne savent pas choisir entre blanc et rouge pour tout un repas. C’est pour cela qu’au Petit Ballon, on propose deux labels de rosé.

 

Friand : le vin des copains, de l’apéritif, du farniente, de la pétanque, facile et dangereusement bon. À boire bien frais à 8/10°.

Élégant : le rosé pour la table, plus sophistiqué, tel un grand blanc ou un rouge léger. Pour le barbecue, en accord vins et mets, à servir à 10/12°.

 

On en parle du rosé « piscine » (on the rocks) ?

Si le vin est à température de service idéale, c’est un peu dommage de le diluer avec des glaçons qui se transforment rapidement en eau. Dans ce cas, préférez un rosé Friand, bien sûr. Ou bien, faites comme nous, achetez du raisin Italia, nettoyez-le et mettez-le au congélateur. Cela fera de sublimes glaçons que vous pourrez croquer après avoir bu votre rosé. Malin !

 

Le rosé pamplemousse, c'est un sacrilège ?

Il vaut mieux éviter d’acheter un produit tout fait. Aspirine garantie ! En fait, ce rosé pamplemousse, vous pouvez le faire vous même ! Prenez un rosé Friand, pressez un pomelo rose, mélangez. Et voilà, c’est bien meilleur non ? Proportions idéales : 1/3 pomelo, 2/3 rosé.

 

Si avec cela, chers amis du Petit Ballon, vous ne voyez pas la vie en rose, on en mange notre chapeau !

Allez, voyez la vie côté rosé et explorez notre catégorie sur la boutique en ligne !