Après la biodynamie, découvrez maintenant l’agroforesterie, une autre pratique agroécologique dans les cultures viticoles (et pas que). Encore peu répandue dans les vignobles, l’action de planter des arbres dans ses vignes est une idée de moins en moins farfelue et savez-vous pourquoi ?

 

Définition de l’agroforesterie

Appelée vitiforesterie pour la vigne, l’agroforesterie est un mode de production agricole qui associe une ou des plantes cultivées avec la présence d’arbres et/ou animaux dans les cultures. L’agroforesterie désigne donc un panel de pratiques agricoles qui intègrent l’arbre dans l’environnement de production en s’inspirant des écosystèmes forestiers. Si ce sont souvent des programmes de plantations de haies qui sont mis en avant dans les médias, des projets plus ambitieux voient de plus en plus le jour dans les vignobles, avec l’implantation de dizaines, voire de centaines d’arbres adaptés au milieu dans lequel les vignes sont cultivées.

Avec le grand remembrement des décennies 1960 et 1970, les arbres ont été arrachés par millier et sont devenus presque inexistants dans les cultures, pour laisser place à une ultra monoculture de vignes à perte de vue. Pour quelles conséquences ?

Quelques conséquences…

Arrachage d’arbres, monoculture, ultra mécanisation, pesticides et engrais chimiques, les conséquences se font de plus en plus visibles et surtout de plus en plus désastreuses dans les cultures, vignes incluses. Et vous vous en doutez, le manque d’arbres y a largement contribué. Tout d’abord avec la baisse de la biodiversité où insectes, abeilles, oiseaux, bref toute une faune et flore qui aura considérablement diminué. D’après l’observatoire national de la biodiversité, la population d'oiseaux dans les zones agricoles a régressé de 30% entre 1989 et 2017. 

Que dire de l’état des sols où la vie microbienne a là aussi largement chuté. La population de microbes et de vers de terre a diminué dans les dernières décennies. Enfin, et pour venir clore le tout, l’impact du réchauffement climatique se fait également sentir dans les vignobles, notamment dans le grand sud où les sécheresses sont plus fréquentes et plus féroces, obligeant davantage les vigneronnes et vignerons à irriguer. Pour ces deux problématiques, les arbres sont de précieux alliés. Découvrons comment et pourquoi.

Les bénéfices de l’agroforesterie

Il ne suffit pas de planter quelques arbres ici où là pour pouvoir agir sur le changement climatique. Malheureusement, il est assez difficile de savoir quelle espèce planter et où l’implanter. C’est pourquoi, les domaines viticoles font souvent appel à des bureaux d’étude spécialisés dans les projets d’agroforesterie. 

Les projets sont à long terme et les arbres mettront plusieurs années avant de pouvoir être de taille suffisante pour offrir les bénéfices escomptés. Mais tout vient à point qui sait attendre comme disait mamie nova ! Plus que l’agroforesterie en tant que telle, c’est l’arbre qui est à l’origine de tous ces bénéfices. Il protège, régule, donne, offre et assure un fonctionnement naturel dans les parcelles où il est planté.

Fertilité

L’arbre est un magnifique régénérateur de la fertilité et de la qualité des sols. Avec ses feuilles mortes, il apporte une quantité de matière organique qui va nourrir la litière des sols, cette dernière qui nourrira une faune et flore de surface composée de petits mammifères, d’insectes et de microorganismes. 

Petit point technique pour épater les potes ou la famille à l’apéro, l’arbre est connecté à un réseau de champignons, lui-même en connexion avec les vignes de la parcelle. Ce réseau mycorhizien relie les plantes entre elles et par ce biais, les plantes et arbres s’échangent des éléments nutritifs (oligo éléments) qui permettent de se défendre en cas d’agression (climat, champignon). Attention, des pratiques comme le labour et l’épandage d’herbicide détruisent cette symbiose, pourtant à l’origine du mot “terroir”...

Aspirateur de CO2

L’arbre est un immense puits de carbone, qu’il stocke en quantité. Généralement, les domaines viticoles qui ont entrepris des projets d’agroforesterie pratiquent également un minimum de labour dans les parcelles, participant aussi au stockage de carbone. De ce point de vue là, l’exploitation devient alors une organisation qui émet peu de gaz à effet de serre, ce dernier participant au réchauffement climatique.

Biodiversité et protection

Haies et arbustes implantés autour des parcelles limitent l’effet des vents et donc de l’érosion. Ils brisent la vitesse de ce dernier et empêchent ainsi une perte de qualité des sols ou plutôt de l'humus ! 

Et puis enfin le retour d’une biodiversité… dans le paysage. Les arbres cassent la monoculture ; c'est même encore mieux s’ils sont des fruitiers (pommiers, pruniers). Ils accueillent quantité d’oiseaux qui limiteront l’impact des insectes nuisibles comme la cicadelle ou le ver de la grappe.

Avec son ombre, l’arbre protège les vignes du soleil et de la canicule. Sous lui, quelques degrés de moins qui sont très appréciés durant l’été… Il remonte aussi de l’eau des profondeurs qui sera ensuite restitué à la plante cultivée. Vous le voyez, l’arbre ou plutôt les arbres participent à rendre le domaine plus fort, plus résistant et donc plus résilient face à la crise climatique qui s’annonce.

 

Globalement, voici tous les bénéfices en résumé que l’arbre peut apporter (Jacques Prévert) : 

  • L’arbre produit de l’oxygène et purifie l’air

  • L’arbre diversifie le milieu

  • L’arbre lutte contre l’érosion

  • L’arbre améliore la qualité de l’eau

  • L’arbre modifie le mésoclimat 

  • L’arbre protège contre la chaleur

  • L’arbre protège de la pluie

  • L’arbre brise le vent

  • L’arbre est un habitat naturel pour la faune

Un domaine qui pratique l'agroforesterie au Petit Ballon ?

Situé dans les Corbières et non loin de Carcassonne, le Château La Baronne est un domaine qui est engagé dans l’agroforesterie. En plus d’une pratique de la biodynamie, la propriété a organisé la plantation de nombreux arbres dans et autour de ses parcelles. 

   

 

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