Voilà une histoire d'amis qui aiment faire du vin.

Le trio créateur était constitué de Laurent Combier (Domaine Combier, Crozes-Hermitage), Peter Fischer (Château Revelette, Coteaux d’Aix en Provence) et Jean-Michel Gerin (Côte-Rôtie, Condrieu et Saint-Joseph). L’idée était de trouver un grand terroir, ils ont fait plusieurs voyages d’étude en Italie, en Bourgogne, en Espagne, dont un dans le Priorat. Ils y ont rencontré René Barbier du Clos Mogador et sont tombés amoureux du lieu et du personnage. En 2000, ils ont racheté une parcelle de carignan vieille de 120 ans, et autour de ça ils ont planté 7 hectares à la française, c’est à dire du bas vers le haut, et avec une densité très élevée. 

Cela nous a intrigué, alors on s'est rendu sur place pour leur poser quelques questions !


Pourquoi L’infernal ? 

Le trio infernal (ancien nom du domaine), c’est le nom que les gens du village leur ont donné à l’époque, car il faut être un peu taré pour vouloir y travailler la vigne. Le domaine est sur un terrain très pentu, on est entre 60 et 80% de pente, le travail est complètement manuel, aucun tracteur ne peut passer.

Et la nouvelle génération alors ? 

Nous, on est arrivés sur le projet en 2018 avec Léo Cuisinier. On a toujours voulu faire du vin ensemble, on cherchait un projet à monter. On voulait quelque chose qui était inexploité, et tomber amoureux d’un terroir, d’un lieu, d’un encépagement, d’un vin. 

On s’était rencontrés chez mon oncle Laurent Combier, c’est lui qui nous a élevé viticolement. Lors d’un voyage au Priorat, où on allait de temps en temps, les trois nous ont proposé de continuer l’histoire, car aucun de leurs enfants n’était intéressé. On est propriétaires à 50% du domaine maintenant, et on fait une transmission en douceur, leur expérience nous apporte beaucoup. 

Quelles ont été vos premières actions, à votre arrivée ?

La première chose qu’on a fait en arrivant, c’est de passer en bio. On savait pas faire autrement de toute façon ! Le domaine était déjà géré comme ça, mais il n’avait pas la certification. On tient à cette empreinte terroir, et pour l’obtenir ça se passe à la vigne, pas dans la cave. On fait quelques tisanes et on ira sûrement sur de la biodynamie dans quelques temps. 2021 sera notre premier millésime certifié bio. 

Parlez-nous de Riu, le vin vendu sur Le Petit Ballon !

Riu, c’est une cuvée créée pour faire découvrir un vin plus facile d’accès qu’un Priorat classique, plus sur le fruit. L’idée était qu’elle représente bien le climat de notre terroir. On est au cœur du Priorat et c’est souvent des vins très puissants, où il faut du temps pour qu’ils soient bons à déguster. On a essayé de travailler sur la finesse du Riu pour prouver qu’on pouvait faire des vins fins dans le Priorat. Le millésime 2017 est assez solaire, on a donc limité l’extraction. 

Pour finir, quel plat conseillez-vous avec le Riu ?

Je le recommande souvent avec une bonne côte de bœuf, un peu fumée au barbecue avec quelques herbes. 


 

Crédits photos : Gilbert Bages / @drinkinmoderation
Site web du domaine : http://www.linfernal.es/

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