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Lettre de Jean-Michel à une abonnée

Les primeurs de Bordeaux : rêve et réalité


Par Jean-Michel Deluc
07/03/2019, 16:41

Je dédie ces quelques lignes à mon amie Christine, à qui j’avais annoncé que le Petit Ballon allait proposer des primeurs à ces abonnés. Je me souviens encore de sa réaction : « Vous allez vendre des légumes ! » J’en ris encore et j’ai donc dû lui expliquer l’histoire de ces primeurs de Bordeaux. 

Chère Christine,

Dès le XVIIIème siècle, les négociants bordelais avaient l’habitude de se rendre dans les châteaux pour voir la qualité de la récolte lors des vendanges. Il achetait alors la récolte sur souches. C’est un peu l’origine des ventes primeurs. Dès 1975, le Baron Philippe de Rothschild avait pris l’habitude de faire déguster son vin au mois d’avril. Les critiques et les médias relayèrent l’évènement. Ainsi la dégustation et la vente des vins en primeur sont devenues une institution.

Dès le mois d’avril les journalistes, critiques, professionnels du monde entier viennent déguster le nouveau millésime. J’y serais cette année pour déguster le tant attendu 2018. Si on peut déguster jusqu’à 400 châteaux lors de cette semaine, la vente spéculative concerne 200 châteaux surtout et 50 particulièrement, les plus recherchés, car ils vendent la totalité de leur récolte en primeur au négoce. Je vous rappelle que Bordeaux c’est un peu moins de 7000 châteaux, synonyme de propriété en fait, avec un château ou non. Tous ne se vendent pas en primeur.

Le succès de la campagne repose sur la qualité du millésime et le prochain s’annonce exceptionnel. On peut acheter ainsi les vins, 10 à 30 % moins cher que le prix des vins à leur sortie, 2 ans plus tard. Les crus exceptionnels, souvent les crus classés peuvent doubler la mise. D’où l’intérêt pour cette formule de vente très bordelaise bien que d’autres régions se prêtent au jeu aujourd’hui. Depuis 10 ans, l’envolée des prix fait que le vin est considéré comme un placement qui rapporte. Cela se temporise de nos jours, mais si on veut posséder un des crus de légende, la vente en primeur est le seul moyen d’en obtenir. N’oublions pas, qu’acheter en primeur c’est aussi acheter au plus près des châteaux. Il y a tellement de contrefaçon de nos jours.

Ma chère Christine, le Petit Ballon va proposer plus de 100 crus, des plus grands au moins connus, mais au rapport qualité prix indéniable, il faudra donc me suivre. Alors Christine, si tu souhaites t’offrir une légende pour célébrer l’anniversaire de ton petit fils né en 2018, c’est le moment !

Bizz Jean-Michel

PS : Quelques exemples de prix sur le 2016 qui sort aujourd’hui par rapport au prix primeur

Dufort Vivens deuxième Cru Classé de Margaux + 27% à 57 €

Giscours troisième Cru Classé de Margaux + 23 % à 64 €

Laffite-Rothschild Premier Grand Cru Classé de Pauillac + 15 % à 678 €

Pontet Canet Cinquième Grand Cru Classé de Pauillac + 43 % à 152 €

Smith Haut Lafitte Cru Classé de Graves + 28 % à 109 €

Et tant d'autres encore !

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