Nos vignerons

Découverte du Domaine Cantina Giuliano

La Dolce Vita Italienne ! C’est ce que Lara et Eli vivent tous les jours… Entouré des bonnes personnes et animé d’un amour commun pour le partage, ce jeune couple nous raconte sa fabuleuse histoire et bien-sûr celle du domaine.


Par Camille Perrault
24/04/2016, 10:48

La Grande Famille du Petit Ballon est plutôt curieuse...On veut tout savoir sur votre domaine.

Alors, je m'appelle Eli, j'ai 27 ans, je suis né à Paris. Après des études de politique du Moyen-Orient à Londres, j'ai décidé qu'une vie derrière un bureau n'était pas pour moi et je me suis redirigé vers un BTS viticulture-œnologie par correspondance. En parallèle, je travaillais chez un producteur haut de gamme Alsacien (en biodynamie), domaine Marc Kreydenweiss. Je bossais dans les vignes et à la cave. Au bout d'un moment, j'ai décidé que je voulais travailler à mon compte afin d'avoir plus de contrôle sur mon temps et j'ai donc décidé de monter ma propre mini-cave. Nous avons décidé mon épouse et moi de monter notre projet dans son village d'origine. En effet, ma femme vient de Toscane, d'un village entre Pise, Florence et Livourne ou son grand-père faisait déjà du vin.

A sa mort, la famille a fermé la cave mais a gardé la grange. J'ai donc retapé cette grange, j'ai acheté du bon matériel et voilà! Le nom du grand-père était Giuliano d'où le nom du domaine! J'ai aussi trouvé un des meilleurs oenologues-conseil d'Italie, Luca D'Attoma (www.lucadattoma.com) qui pour une raison que je ne comprends pas encore a décidé de me donner un coup de main alors que mon projet est tout petit encore et que je n'avais pas beaucoup d'argent à lui offrir. 

Notre raisin vient d'un des plus beaux vignobles de la zone, au sommet d'une haute colline. Les vignobles sont orientés plein sud sur des terrains argilo-calcaires lourds. Le vin est constitué de 70% de Sangioves, 20% de Merlot et 10% de Ciliegiolo. Après un égrappage en douceur, le vin fermente doucement sous température contrôlée (début à 24C et température maximum de 28C). J'effectue peu de remontages et ils sont toujours manuels, à un faible débit. Le pressurage est très léger dans un pressoir manuel. Le gros du vin de presse n'est pas assemblé au reste. Le vin est ensuite élevé 50% en fûts de 500L de bois français et 50% en fut Inox. Cette première année (2014) nous n'avons produit qu'un vin, ce Chianti Primizie (prémices) et notre production totale était de 12.000 bouteilles. Nous évoluons doucement vers la production de 5 vins (blanc, rose, chianti, réserve et vin liquoreux) pour un total de 20/22.000 cols. 

 

La vie au domaine ça ne doit pas être de tout repos. Vous nous racontez ?

Effectivement c'est assez sportif. Mon épouse a accouché le jour où j'ai fini de décuver notre premier millésime donc pendant toutes les vendanges, j'étais en fait seul pour tout faire (à part l'acte de vendanger lui-même bien sûr!)

A part ça, c'est moi qui m'occupe des travaux de maçonnerie dans la cave (et dans l'agrandissement que l'on prépare afin d'accueillir des touristes et développer notre offre), de la commercialisation, qui ait fait le site web, le marketing, qui vais aux divers salons, qui fait le démarchage téléphonique et les livraisons du vin aux particuliers et aux restaurateurs (une petite partie de ces livraisons sont faites par mon père a Paris!). Bien évidemment certains moments dans l'année sont plus calmes que d'autres. Mais il est clair que du 25 aout au 25 Octobre je dors très peu et je perds beaucoup de poids!

D’où vous est venu cette passion pour les vignes et qui vous la transmise ?

J'ai grandi dans une petite ville de banlieue parisienne de parents Parisiens sans vraiment de lien à l'agriculture. Quand j'ai rencontré mon épouse, qui vient d'une famille d'agriculteurs depuis plusieurs générations et que nous venions en Toscane rendre visite à ses parents, je donnais un coup de main à mon beau-père à tailler les arbres fruitiers, à vinifier son vin blanc de tous les jours, à faire le potager ou l'huile d'olive et tout ceci m'a fait découvrir le bonheur d'un rapport à la terre. Ceci a été développé par mon temps passé chez Antoine Kreydenweiss en Alsace. Lui et son chef de culture m'ont énormément appris quand à l'importance du terroir, du rapport à la plante et au respect du processus naturel qui mène du pied de vigne au verre de vin.

Ce mois-ci on parle Italie, une bouteille qui a le plus marqué votre palais ?

Podere Sanguinato, Vino Nobile di Montepulciano (2013). et le Vino Nobile Riserva (2011). Une cave en biodynamie, des vins avec une acidité et un caractère incroyable, intense, frais, riches et profonds. A des prix extrêmement intéressant par rapport à la qualité du vin. Un style super italien vraiment j'ai adoré. 

L’été approche, on fait quoi dans votre région d’Italie?

Premièrement, on se plaint du fait que l'on ne peut pas encore se plaindre qu'il fasse trop chaud. Sinon, on plante les légumes estivaux, on mange les derniers artichauts et les premières cerises et évidemment, on passe la débroussailleuse!


Un point commun entre vous et votre vin ?

On se lance, on est nouveau pour tout le monde mais on a l'air de plaire!

Une recette Italienne en symbiose avec votre bouteille ?

J'ai diverses idées mais celle-ci est très sympa:

Baccala alla Livornese (Morue a la livournaise)

-On fait tremper la morue jusqu'à ce qu'elle soit dessalée. 

-On coupe les filets de poisson en grosse tranches qu'on passe dans la farine avant de les faire revenir dans une dose très généreuse d'huile d'olive. 

-On ajoute autour des morceaux joliment dorés des tomates pelées et un peu de coulis de tomates, de l'ail, du piment (J'aime ajouter des olives noires) et un peu d'eau et on laisse mijoter jusqu'a ce que la sauce soit onctueuse et bien réduite. 

On mange ça avec du pain, notre chianti légèrement frais et carafe (18C) et évidemment on n’oublie pas le meilleur: saucer le fond du plat!

Un petit mot sur votre cuvée ?

C'était un millésime très dur en Toscane (comme dans le reste de l'Europe d'ailleurs) mais ici on ne se souvient pas d'une année aussi dure depuis au moins 50 ans. Un vrai baptême du feu. En travaillant avec soin cependant nous avons réussi à faire ressortir toute la fraicheur et le côté aérien du Sangiovese. Un raisin à peine mur qui a développer avec le temps un bouquet floral, riche mais frais et une bouche toute en finesse et en élégance. A l'image de la classe italienne.

Pourquoi avez-vous choisi la Grande Famille du Petit Ballon ?

J'aime beaucoup l'idée que les créateurs du Petit Ballon ont eu, de faire découvrir des vins de la France  entière, souvent d'appellations méconnues. De plus, en regardant les vins offerts aux abonnés j'ai vu que mon vin était tout à fait dans le style proposé et que très peu de vins italiens avaient jamais fait partie de la sélection.

Une anecdote qui pourrait nous donner le sourire ?

Des premières vendanges dans un stress comme je n'ai jamais connu, des heures de travail pas possible, des complications à n'en plus finir, le dernier jour de pressurage, je nettoie tout le matériel et le tuyau que je suis en train de rincer à la soude m’échappe des mains et me saute au visage, je suis à moitié aveugle pendant trois jours, je me remet finalement, je fais les derniers assemblages et mises en barriques et le soir même, mon épouse accouche de notre premier enfant, un magnifique garçon, Daniel Naftali. Comme quoi, certains moments de notre vie font oublier tout le reste!

Je ne sais pas si ça vous fait sourire mais moi si!

Pour une histoire plus légère. L'image sur la bouteille est une photo de mon beau père avec un ami de classe qui portait la bouteille de vin pour le picnic de leur classe de terminale lors d'une balade dans les collines aux alentours. Une bonbonne de 30 Litres pour la classe! C'était sympa l'école à l'époque.


Ici, la passion et l’amour des choses bien faites émergent du divin nectar de Lara et Eli!  


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